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comment être numéro un des ventes sur Amazon Kindle

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le livre numérique en France

- Son p’tit appareil dans son troisième tiroir ouvert, je l’ai immédiatement remarqué... déformation professionnelle : si elle en possède un, on en récupérera des tas dans les sacs des bobos, vous savez, ces sacs que les gamins me ramènent... non, si vous n’avez pas lu "ma première œuvre" vous l’ignorez... et c’est écrit noir sur blanc dans le contrat signé avec Amazon : dans ce récit je m’adresse au grand public, pas seulement à mes fidèles lectrices et lecteurs... Bref, c’est ainsi que j’ai découvert le Kindle... ma première réponse fut « c’est du chocolat ? » Mais je lui ai promis d’en acheter un, et le lendemain, bien fier, je revenais lui présenter mon joujou high-tech.
« - La livraison, c’est en 24 heures minimum, et encore, avec Chronopost.
- C’est un pote Chronopost !... Non... Je déconne... Tu ne vas pas me croire : ma mère, qui sait combien j’adore la littérature, m’en a offert un justement hier soir ! Mais j’ai besoin de toi, pour me conseiller en livres à acheter. On prend le Kâmasûtra pour l’essayer ce soir ? Tu vois, j’en connais des mots compliqués !
- Tu comptes vraiment lire !
- Si le titre me plaît, je peux tenir jusqu’à la cinquième phrase, c’est arrivé ! Avec le Petit prince, un cadeau de mon père, la dernière fois qu’il est passé. C’était en... non, je ne vais pas te faire pleurer sur mes histoires de famille, l’enfance difficile, le manque de repère et tout, il m’appelait « mon petit prince », mon vieux. Tu connais "le petit prince" ? d’un mec avec un nom à dormir dans les églises, le Saint-Esprit ! Lire ensemble le Kâmasûtra, à toi le texte, à moi ton corps, ça me tente vraiment, ma petite princesse ! Je t’appellerai toujours princesse.
- Ce n’est pas le genre de surnom qui me plaît. Et je te conseille même de ne jamais plus le réutiliser. »
- Jamais je ne l’ai rappelée princesse, je sais que les filles sont bizarres, donc parfois il faut les écouter. Elles accordent de l’importance aux détails mais sur l’essentiel on en fait ce qu’on veut.

S’il m’avait fallu émettre un avis définitif sur le sujet, j’aurais opté pour le contraire. Et naturellement, je n’allais pas lui expliquer que 48 heures plus tôt, Nadège m’avait raconté, ce princesse... Ce terrible princesse qui me fit si mal quand moi également je l’ai pris dans la gueule avec les mails de ce Carlo à cette saleté d’Amina qui pourtant les mêmes jours continuait de m’écrire « mon Amour, tu me manques... »

- Là, dans les 12 mètres carrés réglementaires de mademoiselle la référente, l’idée de génie, quand elle me montre, avec un petit sourire narquois, déplaisant, la boutique Amazon Kindle, et ses meilleures ventes :
« Le jour où je suis là, tu couches avec moi ! »
Elle m’a regardé en souriant, j’avais le doigt sur son écran.
« - Tu veux dire, le jour où tu es en tête des ventes de la boutique Amazon Kindle !
- Bin ouais ! Tu m’as raconté, j’ai retenu, qu’on peut tous publier, avoir un bouquin là.
- Mais pour être là, comme tu dis, il faut que les gens achètent. Mon ami fut l’un des premiers à utiliser la plateforme d’autopublication d’Amazon en France, malheureusement sa nouvelle n’a pas encore trouvé son public.
- C’est un naze ton rital ! Je t’ai déjà dit de le passer par la fenêtre du sixième... Si tu veux, on s’en charge... Ouais, j’écris un livre, les gens achètent, et le jour où je suis là, number ONE, tu couches avec moi ! »
- Elle a souri, elle me prenait pour un naze, un naze parmi les nazes, alors qu’elle, elle croyait s’en sortir en étudiant, en continuant d’étudier le soir pour obtenir encore plus de diplômes et un jour décrocher le boulot où elle gagnerait en un mois ce qui se gagne en quelques heures en fournissant aux bobos la poudre dont ils ont besoin pour calmer leur stress, les pauvres choux.
Elle réfléchissait. La question de coucher revenait dans la conversation au moins treize fois par rendez-vous. Elle a pensé me piéger, elle est donc entrée à pieds joints dans mon filet :
« - Si tu me promets, toi, de te mettre à écrire et de ne jamais plus me parler de coucher avant d’être numéro 1 des ventes !
- On se le promet, je n’en parle plus, quoique j’en meure d’envie, je pourrais pas obtenir un petit aperçu, là, juste ta bouche, ce serait déjà... T’as un truc que les autres n’ont pas... OK ? Et toi, le jour où je suis numéro 1, tu couches, là, ici, devant l’écran, et tu passes les nuits avec moi tant que je reste numéro 1. Promis ? Et après 30 jours, je te demande en mariage, on s’achète une maison à Neuilly, t’arrêtes ce boulot à la con, tu te consacres à l’écriture ma chérie et toi aussi tu deviendras number one. OK ? »
- Elle a souri, elle me prenait pour un naze. Le genre de sourire du vendeur de Conforama. Le genre de sourire qui signifie, je rentre dans ton jeu, car je n’ai rien à perdre. Elle hésitait quand même. Et c’est vraiment parce qu’elle a cru ne prendre aucun risque qu’il est sorti :
« - OK. »
- Je me suis approché, je lui ai tendu la main, et face au silence elle a fini par frapper dedans. Je suis parti. Sans même essayer de lui caresser les seins.
« - Ne t’inquiète pas si je loupe quelques rendez-vous, tu me notes présent, je suis un vrai écrivain, je m’enferme dans ma chambre. »
- Je n’avais aucune idée de la manière dont je pouvais réussir ce qui lui semblait impossible mais je savais que c’était ma seule chance de vraiment coucher avec elle. Jamais l’idée de la payer ne m’a traversé l’esprit : on ne paye pas une femme, on la prend. Sauf forcément celles dont c’est le métier… chacun son job.

- Eh ouais, moi, Kader, pour consommer Nadège sans la violer, je suis numéro un des ventes d’Amazon Kindle, et depuis je câline la plus sublime des nanas du pays. Maintenant, je n’ai plus besoin de ça : elle est amoureuse, sûrement depuis mon contrat avec Amazon. Je crois qu’elle en a même oublié ce vrai naze de rital, son Pablo et leurs rêves à la con d’une vie bourgeoise en quartier résidentiel et grands voyages organisés. Elle est ma femme !


Extrait de "Un Amour béton" de Ternoise - mai 2013



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