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affaire Kindle ou comment devenir un caïd de la littérature

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extrait du roman 2013 de Ternoise

- Nadège. Ah Nadège ! Avoue, vous n’aviez jamais vu une femme comme ça, au village ! Le vieux, ses yeux en sortent de sa tête. Je peux tout lui demander ! « Avec plaisir ! Avec plaisir ! » Mais le plaisir est pour moi !

- Elle me prenait pour un naze, forcément, un type qui suit le parcours de réinsertion uniquement pour éviter la case prison mais continue naturellement à trafiquer... et comme les autres tombera vraiment un jour... ça c’est ce que vous pensez tous, qu’on ne peut pas magouiller une vie entière en passant entre les mailles de votre filet. Y’en a qui meurent sans avoir connu l’autre côté des barreaux ! Et ce sont eux, nos vrais modèles. Faut pas croire que la prison nous forme ! Ça c’est ce qu’on raconte aux médias pour vous donner mauvaise conscience. Si vous enfermez un jeune, vous en ferez un caïd ! On veut tous devenir des caïds, c’est dans la nature humaine. Même toi, mec, tu veux devenir un caïd de la littérature, c’est une autre face du kaléidoscope ! C’est juste une question de créneau. Si tu avais eu la chance d’être le petit frère d’Adam, tu serais sûrement à ma place.

- Ça se voyait, qu’elle n’y croyait pas non plus, à la main tendue de la société qui va récupérer un jeune homme dans le bizness depuis presque deux décennies. Ouais, j’ai débuté dans la carrière vers 7 ans, c’était juste de la surveillance, genre appuyer sur un bouton quand déboule une voiture de flics...

- Avant le début de l’affaire Kindle, je n’ai jamais loupé un rendez-vous dans le bureau de Nadège. Elle me prenait même le soir, à 17 heures 30, pour éviter que je reste toute l’après-midi. Mais je m’en foutais, j’arrivais dès l’ouverture. Sauf la première fois, forcément ! J’avais rendez-vous à 10 heures 30, je me suis pointé vers 15. Et là, le choc ! Je sais bien que tous m’avaient juré qu’elle était canon, qu’ils ne pensaient qu’à la niquer. Quand elle a ouvert la bouche, je l’aurais violée ! Elle est sortie de son cabanon, c’était au tour de Farid... J’ai failli ne plus trouver les mots, moi, oui, j’étais intimidé !
« - Hein, Farid, que tu me laisses ton tour, j’avais rendez-vous à 10 heures 30 avec mademoiselle.
- Pas de problème, Kader, c’est toi le boss. »
Je sais, il n’aurait pas dû m’appeler ainsi chez l’ennemi. Mais y’avait Nadj devant nous, comme ils la surnommaient, les réinsérés sociaux. Je comprenais pourquoi, maintenant ! Je suis entré dans son bureau et je n’en suis ressorti qu’à 18 heures 30. Tous, Farid, Ahmed, Nico, Fred, Paulo, tous ont juré que ma présence ne les dérangeait pas, qu’ils n’avaient rien à me cacher. Et c’est vrai, qu’ils n’ont rien à me cacher. À 18 heures 30, elle a vraiment appuyé sur le bouton d’alerte, c’était pas de la rigolade, les keufs ont débarqué dans les trois minutes, gyrophares. Je leur ai expliqué que c’était juste de la drague, que j’étais amoureux, et tout, que je voulais l’inviter au restau, la baiser, et tout. Un flic lui a proposé de la raccompagner, elle a accepté. J’étais vert, elle est montée dans leur voiture ! Là, je me suis juré, parole de Kader, cette nana je lui ferai tout et en plus elle aimera ça.

Extrait Un Amour béton de ternoise



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